Embarque
S'embarquer par ici ? Oh oui, pourquoi pas. S'embarquer là, c'est s'ancrer au-delà du levant. C'est s'ancrer un peu plus vers le sud, ou à l'ouest, plutôt. Allons carrément à l'ouest pour s'ancrer durablement vers ce couchant où il fait bon dormir. Allons dormir à l'ouest, là où le soleil a décidé de se coucher, dans un lit qu'il reste encore à faire
Le bouillon. Ce fameux bouillon de la vie qui n'emmène que moi vers ces rives inconnues que je reconnais un peu malgré tout. Oui ma foi tout ceci n'est ni droit ni adroit. Il n'y a que des maladresses et des paresses qui délitent le cœur dans ses langueurs. Ne faisons pas fortune et soyons sans rancune. Oui, soyons sans rancœur mais faisons front contre ces offenseurs qui oppressent la foule. Faisons foule contre la houle
Et tout va pavoiser. Tout va s'effondrer avec l'ancien monde, celui de l'ancien régime qui totalisait tout et qui mettait les mauvais points. Ces anciens régimes qui ne remplacent pas la guerre et qui sont diserts. C'est le désert dans la nuit et le jour réunis. C'est la guerre dans les têtes. Ils s'entêtent à perpétuer les guerres pour en faire une drôle de fête alors que c'est déjà une défaite. Embarquons vers ces désirs et ces délires d'imagination. Embarquons pour l'imaginaire qui n'est pas une chimère. C'est une lueur dans l'espace qu'il faut sacraliser. Faisons de l'imagination un bout de terre sacrée, une sacrée terre fertile à toutes les inhibitions. Embarquons pour l'ouest et exhibons nos pensées
Voir au loin déjà si tout va bien. Embarquons pour l'ouest et pour le réel imaginaire, celui qui n'en a pas l'air, celui qui fait comme si, celui qui est comme si. Embarquons pour l'ouest profond, le pays de l'or au couchant, le pays où il fait bon faire son lit, le pays que rien n'anesthésie. Il est bon d'aller voir si tout va bien au loin. Partir en éclaireur, par des temps diluviens que plus rien ne freine. Partir pour un rien, partons pour ce rien, ce tout petit rien qui sera tien et qui sera mien. Partons pour l'infime
Fuite vers la ligne d'horizon. Fuis ta ligne d'horizon et embarque pour l'ouest. Embarque pour ce couchant où il fait bon dormir. Embarque pour cet endroit où tu n'irais pas si tu n'avais pas peur du vide. Vide tes poches et remplis les au fur et à mesure de l'aventure, le temps que tu atteignes cet ouest qui te ramène vers le sommeil, vers le pays où il fait bon dormir, vers le pays des rêves qui ramènent à l'enfance, au pays magique des chevaux dans les cieux. Embarquons pour l'ouest et ne faisons pas la trêve des rêves
Monte par là. Embarquons pour plus haut. Embarquons au plus haut point, n'aie pas peur du vertige. Arrime toi aux cimes, c'est là qu'est ta place. Voguons au plus haut, allons à travers champs pour voir si le couchant tient ses promesses. Remets t'en aux caresses des rêves qui permettent de vivre au-delà des cimes. Relève toi et prends ce rêve pour marcher droit devant toi, pour t'élever au plus haut et n'en dis pas trop. Fais en juste un peu trop
C'est par le fil que tout passe. Le fil électrique, il ne faut pas le couper. C'est ce qui me relie à toi. Ce fil de la communication qui passe au-dessus des ponts, ce fil qui traverse les monts et les vaux. Surtout, ne jamais rien couper, ne pas tergiverser et aller droit devant, bien au-delà du levant, pour tout emmener vers le couchant
Pourquoi s'arrimer ici ? Se déraciner pour s'ancrer ailleurs, cet ailleurs dont on ne parle pas mais qu'on imagine. S'enraciner dans l'imagination et trouver un point d'ancrage dans ce couchant. Embarquons pour les rêves qui sont connus pour leur ténacité
Allons au-delà de cette terre. Rendons nous au pays des rêves sans trêve, Rendons nous au pays des irrévérencieux qui veulent dominer le monde avec leur impertinence. Soyons décents dans l'indécence, soyons indécents dans une décence qui se veut de bon aloi. Frappons nous la tête pour qu'elle soit hirsute et inventons nous une cahute pour abriter nos rêves les plus francs et les plus grands
Reliées et liées pour la vie. Marchons en procession sans nous déposséder de notre nature. Ne faisons qu'une colonne, qu'une chenille et marchons en procession pour continuer à rejoindre l'ouest. L'ouest essentiel car c'est là qu'on fait son lit
Continuons cette procession pour aller jusqu'au fond d'un abîme d'où ne sortira que du bon. Sortons de ce trou, allons au-delà de ce bitume et cherchons cette verdure qui fait tant défaut. Écrasons ce bitume qui marche comme une enclume. Retrouvons la terre et la boue. Retrouvons toute cette terre qu'il devrait y avoir par terre. Retrouvons l'innocence des sentiments. Entrons dans la transe, la transe figuration du bitume et retrouvons cette terre à l'avant garde de la Terre
Passer par la porte. Oser franchir la porte et prendre tout ce qu'il faut pour embarquer de nouveau et ne rien demander aux lendemains. Ne jamais rien demander à ces lendemains où rien ne chante plus que l'azur. Allons chercher cet azur qui se perd au couchant sans jamais rien demander aux lendemains qui s'enfuient
Essaie de traverser ce port et d'aller embarquer sans report. Rien n'est moins sûr maintenant. Il faut partir de chez soi. Il ne faut pas rester chez soi. C'est un crève cœur mais ailleurs sera meilleur. Franchissons ce seuil et partons en deuil rejoindre l'océan où tout sera plus grand
Tout est en morceaux. Tout est morcelé et il va falloir se rassembler pour partir, pour convenir qu'il faut tout réunir pour s'élancer et partir de plus belle. Rassemble-toi et élance toi. Rassemble-toi et rends toi au plus couchant. Va-t-en dans le couchant. Rassemble-toi
Tout un amoncellement qui ne dit rien de bon. Il faut se regrouper et partir en poupe, se regrouper pour vaquer à ses occupations dans l'imaginaire collectif, celui qui ne fait pas mal. Celui qui emballe et qui donne envie de partir au pays des songes ensemble. Oui, partons ensemble dans la ligne de fuite, vers cet horizon qui aplanit tout. Partons et refaisons ensemble toute cette imagination
Ne pas se rider. Se dérider à l'idée de s'en aller. Décide-toi ou ce sont les autres qui le feront à ta place. Allez, décide-toi et tu ne le regretteras pas. Allons nous en, foutons le camp et laissons la place aux atermoiements
Et tu veux aller danser ? Tu veux valser ? Allons y, valsons et ne prenons pas tout pour argent comptant. Valsons, tournons, faisons une ronde, la ronde de ceux qui veulent tout voir en mieux, qui veulent tout voir en moins fiévreux. Ne broyons pas ce noir et jetons nous dans ce Loir qui mène à l'ouest. Allons à l'ouest. C'est la qu'est le lit qui mène aux rêves et aux songes qui ne rongent
Pas de révérence, pas de déférence. Soyons dispendieux et prenons les cieux pour nouvel imaginaire. Allons au septième ciel, allons au-delà des rêves, allons au pays des bienheureuses chimères qui seront nôtres. Appartenons à l'imagination de ceux qui dorment et qui rêvent debout.
Pense à tout ce que l'on te doit. Oui, pense à ça. Pense à toi surtout, Pense à toi dans ce tout et Pense à tout dans ce toi. N'y va pas de main morte et fuis la peste. Fuis cette putain de peste qui annihile ta pensée. Arrête de paniquer et Pense à tout ce que tu as qui est en toi. Oui, Pense à toi
Allez, allons y comme ça au loin et restons déterminés. C'est parti au pays des songes qui n'est pas celui des mensonges. Restons dans ce pays où rien ne viendra faire du mal et soyons aussi audacieux qu'irrévérencieux. Ne soyons pas dupes, soyons ceux qui font avancer le monde sans la lessiveuse moribonde. Soyons ce monde, nous sommes le plus grand nombre !
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