Ouvrir un document. Titrer le document. Ce n'est qu'un projet. Se dire que demain, il touchera à sa fin. Non, pas besoin d'intelligence pour écrire. Je suis aussi artificielle qu'une poupée piémontaise. Je ne suis rien. Je ne suis personne. Je m'efface derrière les apprentis sorciers qui s'imaginent négocier mes arrière-pensées. Penser que je suis seule, que c'est moi qui vais ouvrir... ...un document... une page Word... la titrer... continuer à avancer vers ces endroits sans chagrin... Penser à maman qui n'est plus là. Elle me regarde. Elle est muette et me veut du bien (?)... sans doute... je...
Se retrouver au milieu de nulle part et regarder par hasard où froisser un regard. Baisser les yeux sur l'humide, attaquer le vide, penser à sortir de là et croiser des pas, des pas incertains qui te veulent du chagrin. Tu vis au milieu de nulle part, enfermée dans un cocon de soie. Dedans, il fait noir et tu pourras sortir quand le temps te le dira. Tu t'isoles pendant huit mois, de sortir de là tu ne pourras. Ou si peu. Traverser la pluie après les fils de soie que tu déchires avec tes avant-bras. T'évader tu ne pourras. Rester ainsi tu exigeras pour ta transformation en six ou huit mois. Seras-tu...
Rater sa mise en bière | rater ses colères | te rater toi | plus là | partie | indéfini | définitivement | la mort t'a prise | injustement | plus de serment | colère | tristesse | traîner là | face à toi qui n'es plus là | s'exorciser |trouver la paix | se bonifier | pourchasser l'ennui | refuser l'enfermement | univers carcéral | ployer et se donner une fin | quand le point arrivera à la ligne
Libérons les espaces et connectons-nous à nos positions les plus basses. Libérons les connexions de ce passé qui nous rattrape. Je t'aime Ericsson et je te rattrape dans la course à l'élection du plus moribond. Je te dois dans l'abandon. Je m'abandonne à tes sempiternels blasphèmes. Je redore ton blason Je suis sans la cédille du plus fort qui fourmille. Je suis sans la cédille de la raison du plus con. Je suis dans l'illusion des maîtres sans façon..
Non mais tu te caches ? Non mais tu es sérieuse ? Comment peux-tu te cacher alors que tu es majestueuse ? Tu as trouvé un nouvel artifice. Ce n'est pas un saule têtard mais un saule pétard. Ça pète de partout. On dirait un paon. C'est majestueux et c'est gracieux mais pas plus que toi. Pourquoi te caches tu ? Que s'est il passé ? Tu sais que tu peux faire forte impression donc c'est peut-être pour ça que tu te caches. Tu ne veux pas faire forte impression. Tu veux juste faire dans l'impression. Tu veux imprimer le hameau de ta marque de fabrique. Tu te fabriques une image et c'est peut-être plus...
Être d'ici ne veut pas dire être enfermé à l'intérieur d'ici. Être d'ici est une gageure, un véritable défi qu'il faut absolument résoudre sans absoudre. Être d'ici dans toutes ses dimensions qui n'excluent rien de la vie, dans toutes ses surfaces qui ne réparent rien mais qui transpercent l'abdomen. Être d'ici et de là, de l'ici ou la là. Ouh la la c'est déjà un leurre. Il ne faut pas trop s'y croire mais y croire quand même un peu. Être de là et rien que de là, ici et pas ailleurs comme il se doit.
La guerre d'amour est déclarée. Je te déclare ma flamme et j'allume ton cœur avec mon briquet qui fait office de lance flammes. Je t'aime et tu ne le sais pas. Tu ne le sauras jamais, ma foi, toi le scribe et moi la flamme qui allume ces flameches au-delà de ton cœur. Faudrait il y voir autre chose que de la douceur ? Je te déclare ma flamme et j'envisage d'écarter le drame en me retirant de la vie publique. De la vie extra ordinaire, de la vie qui est soupe au lit. Une soupe et au lit. C'est tout ce que j'ai envie de dire. Mon dieu mais quel imaginaire !
Jouer aux petits chevaux. Rester dans la course en misant sur le bon numéro. Pas une question de canasson mais une question de chiffres pour les superstitieux qui peuvent être dangereux. Vivre dangereusement en jouant aux courses, pourvu qu'on ait la bonne paire de housses et le bon paletot.
S'en aller par là et prendre le chemin des invincibles. Prendre ce chemin qui ne me rendra pas meilleure mais qui me rendra plus forte pour affronter ceux qui me font face sans vergogne. Balayer devant sa porte et ne pas penser plus loin que le bout de son nez. Se casser les pieds à vouloir trop bien faire n'est plus mon affaire. Se saboter, tel est mon métier.
Aussi fragile que ces pensées. Aussi fragile que ces violas qu'on viola. Toute l'histoire pas très nette du passé qui resurgit au coin de la rue, qui resurgit depuis le tréfonds d'une mémoire qui ne vacillera pas. Non, elle ne vacillera pas et nul besoin d'aller plus loin si c'est pour me foutre dans la merde le lendemain. Nul besoin de me faire vaciller plus avant alors que j'ai recouvert une mémoire qui avait tout oublié. Tout avait fui, tout s'était enfui. Et tu regretteras amèrement ce que tu m'as dit dedans. Tu le regretteras amèrement. Crois moi.