Tombée dans le courant de la rivière, je remonte la rivière à contre-courant pour regagner la rive. Impuissante, je me laisse entraîner par le bouillon de l'eau. Je nage en me laissant emporter par l'eau vive, poussée par la force d'une eau fraîche et puissante, aussi fraîche et puissante qu'un amour insolent. Je me laisse entraîner par ce courant qui me mène vers le fleuve et j'irai voir l'océan, celui dont les rouleaux embrassent les corps indolents qui se laissent enrouler par cette eau ô combien salée, aussi salée qu'une addition de sensations.
Le coffret des Boursatiles, à Boursotilum, surplombait la vallée. On y trouvait des petites pépites, des graines de courges, de potiron, de tomate, de bardane, de haricots, de lentilles et de sésame. "Sésame, ouvre-toi": c'était la phrase prononcée à chaque printemps pour prendre des graines et à chaque automne pour remettre les graines qui seront semées au printemps suivant. Les graines qu'on sème à Boursotilum nourrissent les Boursatiles tout l'été jusqu'à l'hiver. Les graines géantes étaient semées pour les villageois qui se nourrissaient de légumes géants tout l'été jusqu'à l'hiver. A Boursotilum,...
Le totem de Boursotilum était sans tabou. Les Boursatiles l'avaient formé pour en faire une paréidolie de fantôme pour effrayer les âmes viles et méchantes. Le totem sans tabou de Boursotilum n'effrayait plus personne au fil des années. Il ne protégeait plus les Boursatiles qui voulaient en faire un épouvantail. Il effrayait encore les sansonnets et les étourneaux qui venaient piller les cerisiers et les pommiers. Le totem sans tabou de Boursotilum se fichait bien des tatous fichés dans son tronc. C'était son quart d'heure de gloire. A chaque fois que les visiteurs venaient le photographier, ils...
Fragiles, très fragiles victuailles. Sur son dos, le crocodile portait des vivres. Oh, pas de quoi tenir un siège, juste des vivres pour vivre et revivre le temps d'un repas afin d'être bien repus. Son corps se change en écuelle, son tronc se transforme en table où l'on vient se repaître pour faire une petite bombance, pas trop rance. Vivres et victuailles sont portées et apportées par un gros crocodile qui laisse pousser sur son dos toutes sortes de végétaux. Il a bon dos, le croco.
La girafe de Boursotilum accueille les visiteurs à l'entrée du village. Aussi haute que le peuplier, elle est inoffensive et les villageois lui font la fête. Elle mange sans manger les feuilles du peuplier. Bien plantée sur ses quatre pattes, son long cou plonge dans les branches des arbres. Elle peut voir les villageois de haut sans les prendre de haut. Son corps tressé est à la disposition des villageois qui se font toujours une fête de la cueillir, elle qui leur réserve toujours un bon accueil. La girafe de Boursotilum est une belle plante sur laquelle il fait toujours bon se planter.