Tomber à la renverse, prendre les traverses, prendre une tangente pour ne pas voir la vérité en face. Se cacher, se dissimuler, se voiler la face. Passer par le trou de souris et ne plus sortir de son lit. Se dissimuler pour ne pas affronter la réalité Se dissimuler dans l'herbe. Prendre ce chemin de traverse pour tomber à la renverse et ne plus cacher la réalité mais se dissimuler aux yeux de la vérité. Vivre sa vérité et sa réalité au plus près de ses yeux, au plus près de ses cheveux, au plus près de son souffle et de sa respiration qui ne s'étouffe dans les méandres de sa propre réalité. Ne...
Peut-on se regarder indéfiniment dans cette eau ? Dans quelle eau peut-on se mirer sans tomber dans le panneau, sans tomber dans son propre panneau ? Laisser son image prisonnière de ces eaux où se reflètent les arbres et les pierres ? Lancer des pierres et faire des ronds dans l'eau. Faire ces ronds qui ne rendent pas sots. Faire ces ronds et continuer à regarder les ondes sur l'eau Se mirer dans un miroir qui a du fond sur toute sa surface. Se regarder dans cette glace qui a un fond et voir trouble. Se troubler de son image. Ne plus se regarder mais voir le reflet des arbres et des fleurs dans...
De l'inquiétant, du troublant, de l'asphyxiant, du lobotomisant. Tout ceci ne me dit rien qui vaille. La société court à sa perte, la planète finit sa course dans la course aux armes lancée sans larmes. Moi je suis dans la course aux larmes et je me lance avec mes armes dans une course de fond. Je n'achèterai pas de couronne mortuaire. La planète se chargera de fourbir ses propres armes qu'elle lance sans larmes. Moi je suis toujours dans la course aux larmes pour une course de fond. Mais que suis-je au fond ? Se dire qu'on ne peut rien faire contre le désordre généralisé, qu'on ne peut canaliser...
Juste des tâches de couleurs parce qu'il ne faut pas oublier qu'un mal plus grand que soi est perpétré ailleurs. Un mal qui prend ses racines dans une mâle assurance, une malassurance qui plonge l'humanité dans un malaise sans nom. Comment ne pas y penser ? Comment passer à côté ? Que faire pour se rassurer ? Il n'y a rien d'autre à faire ? Se réfugier soi-même dans ses chimères pour ne plus penser Toujours ces tâches de couleurs. Ces touches de couleurs qui touchent et qui s'impriment sur la pellicule, cette fine couche qui s'incruste dans la rétine. Dans la rétine s'impriment des images où des...
Tout est dans l'iris. Dans l'iris de l'œil qui te regarde sans omettre de t'observer, de te jauger, de te juger et de te critiquer. Cet iris qui en a vu d'autres et qui se mouille à l'arrivée de la pluie. Cet iris qui te critique sans prendre la peine de se faire expliquer quel est le mal qui te ronge, quel est ce mal qui t'afflige et qui t'affole comme une ampoule défaillante qui clignote avant de squeezer. Une ampoule qui a des limites parce que tu n'as plus d'idées Regarde dans ton propre iris si tu y vois de la fausseté, si tu y vois des impuretés que tu voudrais dissimuler. Regarde dans ton...
Cachée. Mieux vaut rester cachée plutôt que s'exposer aux yeux du monde, aux yeux d'un monde dont tu ne veux pas. On te rejette et tu rejettes ces principes qui ne fondent pas ta vie. Tes fondations sont ailleurs, dans ces semelles de pesanteur où tu rejettes des principes qui n'ont rien d'evocateur. Tu rejettes ceux qui ne comprennent pas ce qui te fonde. On te rejette parce que tu n'es pas de ce monde. Ce monde dont tu ne veux pas faire partie et où tu ne feras pas ton lit. Ce monde sans espèce. Ce monde en l'espèce. Ce monde qui ne te fonde, ce monde qui gronde parce qu'il marche à l'envers....
Tâches de jaune dans la fraîcheur d'avril. Âcre de l'odeur tenace comme une tache jaune qui se répand dans le paysage vert et bleu. Je passe et je m'arrête, je ne pense à rien d'autre qu'à ce gâchis végétal, à cette végétation qui n'a rien à faire dans ce paysage et pourtant présente depuis si longtemps. A quoi bon ? Et l'arbre pousse au milieu du jaune. Au milieu d'un jaune mâtiné de vert et de bleu. Le vert de la tige et le bleu du ciel. C'est beaucoup trop irréel pour être pris au sérieux. Nulle question d'occuper l'espace coûte que coûte. La nature n'aime pas le vide. La nature colonise ce...
Le saule. Regarder à travers le saule, au travers de ce rideau de branches et de feuilles comme si c'était pour un spectacle. Assister au spectacle de la nature et avoir bonne figure. Ce spectacle entier fait pour moi où il n'y a pas d'obstacle. Profiter de ce spectacle que la nature offre à chaque instant et se repaître dedans Pourquoi du spectacle ? Pourquoi avoir besoin de spectacle ? Se mettre dans le crâne que l'on n'est pas au spectacle. Que c'est juste de la contemplation dont on a besoin sans se donner en spectacle. De la contemplation pour ne pas se retrouver tout rond. De la contemplation...