Ouvrir un document. Titrer le document. Ce n'est qu'un projet. Se dire que demain, il touchera à sa fin. Non, pas besoin d'intelligence pour écrire. Je suis aussi artificielle qu'une poupée piémontaise. Je ne suis rien. Je ne suis personne. Je m'efface derrière les apprentis sorciers qui s'imaginent négocier mes arrière-pensées. Penser que je suis seule, que c'est moi qui vais ouvrir... ...un document... une page Word... la titrer... continuer à avancer vers ces endroits sans chagrin... Penser à maman qui n'est plus là. Elle me regarde. Elle est muette et me veut du bien (?)... sans doute... je...
Se retrouver au milieu de nulle part et regarder par hasard où froisser un regard. Baisser les yeux sur l'humide, attaquer le vide, penser à sortir de là et croiser des pas, des pas incertains qui te veulent du chagrin. Tu vis au milieu de nulle part, enfermée dans un cocon de soie. Dedans, il fait noir et tu pourras sortir quand le temps te le dira. Tu t'isoles pendant huit mois, de sortir de là tu ne pourras. Ou si peu. Traverser la pluie après les fils de soie que tu déchires avec tes avant-bras. T'évader tu ne pourras. Rester ainsi tu exigeras pour ta transformation en six ou huit mois. Seras-tu...
Rater sa mise en bière | rater ses colères | te rater toi | plus là | partie | indéfini | définitivement | la mort t'a prise | injustement | plus de serment | colère | tristesse | traîner là | face à toi qui n'es plus là | s'exorciser |trouver la paix | se bonifier | pourchasser l'ennui | refuser l'enfermement | univers carcéral | ployer et se donner une fin | quand le point arrivera à la ligne
Libérons les espaces et connectons-nous à nos positions les plus basses. Libérons les connexions de ce passé qui nous rattrape. Je t'aime Ericsson et je te rattrape dans la course à l'élection du plus moribond. Je te dois dans l'abandon. Je m'abandonne à tes sempiternels blasphèmes. Je redore ton blason Je suis sans la cédille du plus fort qui fourmille. Je suis sans la cédille de la raison du plus con. Je suis dans l'illusion des maîtres sans façon..
C'est dans ce coin de café que je me dis que je serai publiée. Ça viendra à la mi-novembre. Je serai dans les calendes du mois de décembre. Je serai iconoclaste et partie dans le fractal de la vie sociale. Je t'aime gredin. Je serai castor pour la poésie et iconoclaste pour le roman. A moins que ce ne soit le contraire. J'écrirai sous le nom d 'Elise quoi qu'on en dise. Je serai cette friandise qui sortira au milieu du mois de juin. Je serai là poétesse de demain, celle qui s'acharne à écrire pour raconter son histoire. Rien de bizarre rien que du hasard...
Tu es à ma portée et tu es dans mon adjacence, Jean. Je suis celle qui te pique tes solutions. J'ai besoin de ton absolution, tu es dans mon absolue bienfaisance. Que va-t-il advenir à présent ? Je serai publiable et tu seras dans mon présent. Oui mais quand ? A Noël ou au premier de l'an ? Tu es dans mon printemps des poètes et je t'attends sincèrement. Tu seras dans ma résolution ferme et définitive. Je t'attends le 10 décembre, toi le mortel qui me comprends. Je suis au-delà de ton firmament. Tu es mon cœur coulant et je suis ton arrière pensée. Remise moi tout ça à tes pieds. Je serai publiable...
Vivre ou revivre dans un ailleurs incertain ? Que faire à part se laisser balancer par le vent qui s'engouffre dans mes cheveux ? Vivre ou ne pas vivre ? Vivre ou revivre dans une chambre d'à côté, une chambre incertaine avec une furieuse envire de se lacerer. Que faire le 10 décembre si ce n'est décéder pour mieux s'en aller ?... c'est écrit dans le marbre et je n'aurai pas besoin de revenir dessus. Décéder et se recaser, se recadrer, s'empoisonner et ne rien faire d'autre que chercher à décéder. Écrire pour ne pas mourir. Écrire pour revivre dans un ailleurs et décéder dans cet ailleurs.
Je t'écris parce que je ne sais pas où j'en suis. Continuer à vivre ou mourir ? Trouverais je une raison de vivre dans la littérature en mettant du beurre dans les épinards ? Rien n'est moins sûr aujourd'hui. Je t'aime sans plus de façon. Mais je ne pourrais pas gagner ma vie de cette façon. Je ne pourrais rien faire d'autre que me laisser couler tel un bonze ignorant de tout. J'ai besoin de temps pour arriver à mes fins. J'ai besoin de toi...
Oui, pourquoi aller plus loin. J'irai raccrocher la lune le 10 décembre prochain. J'ai mis mes cartouches dans la salle de bains. Elles m'attendent et d'ici là, je prendrai de court ceux qui viennent m'emmerder. Je ne suis bonne à rien d'autre qu'à écrire sans me soucier de la rapidité de ces vœux à exaucer. Qui exaucera mon vœu de me voir publiée ? Personne. Je ne suis rien d'autre qu'une machine à composer des vers et des sonnets, des verres et des sornettes. La littérature m'appelle et je ne suis plus là pour lui répondre. Je suis partie dans mes soucis...
Jusqu'à quand vais-je vivre ? Comment espérer vivre au-dessus de cette pauvreté qui me ronge ? Je suis prisonnière d'un système qui ne me dit jamais assez que je suis out of Christmas eve. Je ne serai plus là à Noël. Je n'irai pas plus loin que le 10 décembre. Il n'y a pas d'autre solution que de renoncer à tout le 10 décembre 2022. J'irai vers mon chemin fait d'imparfaits et de perfect cries. Où en est ma poésie ? Elle se porte bien. Elle n'a jamais eu autant de succès.