J'ai cru entendre ton prénom en me baladant cette après-midi. Comme ça, en passant dans les rues. Pourquoi tout me ramène toujours à toi, même les choses les plus anodines ? Pourquoi cette satanée persistance rétinienne me fait penser que je t'ai déjà rencontré il y a fort longtemps ? Mais je ne suis sûre de rien et je préfère m'abstenir, sinon ça craint, je le crains. Reste que je pense encore à toi et que tout me ramène à toi. Je t'aime avec toute ma considération distinguée. Cordialement
Matin serein, quiétude en pensant à toi. Je me dis que c'est aussi bien que tu ne saches pas. Je ne te mets pas en sachets, je ne te mets nulle par ailleurs que dans mes pensées, dans mon cerveau, dans ma mémoire qui n'est rien d'autre qu'un ordinateur à enregistrer des sensations. Frissons quand je te vois, frissons rien qu'en pensant à toi, frissons qui s'emparent de mes bras qui aimeraient t'enlacer , t'embrasser à pleines poignées. Je n'échappe pas à toi, tu t'échappes de moi, ou est le point d'achoppement ? Je ne veux rien d'autre qu'être avec toi, tra la la.
Je me suis miree dans ce miroir, cet après-midi. Je n'ai rien fait d'autre que de regarder les arbres dans le reflet de l'eau où se miroitent tant de choses, histoire de préparer une fête où ça carambole sans cloporte ni colporteur de toutes sortes. Il faudra bien la préparer, cette fête où tout le monde se miroite dans le glauque de l'œil du cyclone, mon clone. La fête va arriver et tu n'auras rien préparé à force de regarder ce glauque d'une eau qui poissonne et tourbillonne. Laisse toi porter par le flot des pensées qui vont te transporter.
Voir au loin, est-ce voir loin ? Est-ce voir plus loin que le bout d'un nez grossi par les années ? Est-ce voir plus loin que le bout de ses pieds, jusqu'où peuvent-ils aller ? Voir au loin, est-ce voir ce qui te manque sans être branque ? Est-ce voir ce qui te planque, derrière ta planque ? Est-ce voir en avant et prendre les devants ou assurer ses arrières en restant planqué à l'arrière ? L'armée des ombres agit-elle au-delà de la fronde ? Qu'est-ce qui gronde ? Est-ce qu'on gronde ? Aller en avant et prendre les devants pour assurer ses arrières, vu de l'arrière.
Voir le fond et voir s'il y a du fond pour faire un pas de côté et ne pas s'échapper de ce tambour où les alevins viennent nicher. S'échapper de la nasse, quoiqu'on en fasse, faut-il que je repasse sans aller dans la mélasse ? Ne te tracasse, ma caille, c'est Cupidon qui fléche et qui flashe les plantigrades de toutes les espèces et de tous les espaces. Ne te tracasse, ma caille, ça passe.
J'idealise, je cristallise, Éric, comme le sucre que je mange après l'avoir brisé sur ton dos. Aller à travers champs pour que tu restes dans mon champ où rien n'est impossible, dans ces rêves et ces chimères où tu apparais comme un jour sans fin. Rester à travers champs où je divague pour mieux te trouver sans te chercher. Errer, aller à travers prés, ne pas te chercher et trouver des signes qui me ramènent à moi, et peut-être à toi, qui sait ? Je pense à toi. Je t'aime.
Te regarder comme un diadème M'appuyer sur toi comme un totem Te regarder avec déférence T'aimer dans la différence Te regarder en secret T'enlacer dans mes pensées Se dire qu'il fait assez beau pour tout rendre beau T'aimer dans mon atmosphère.
Et ce hérisson qui me ramène à toi, ce matin dans le jardin. Il a tout mangé, tout ravagé la bête morte pour repartir, repu, un peu plus loin dans le jardin. Il a bu, s'est abreuvé avant de repartir un peu plus loin. Encore une bête qui me fait penser à toi, qui réveille tout en moi comme le fixateur fige le cliché, le révélateur éveille les formes et les couleurs. Tout me ramène toujours à toi, quoiqu'il en soit, quoique je fasse. Que veux-tu que j'en fasse ? Encore un pas qui m'amène à toi. Un pas de plus vers moi aussi, que veux-tu que j'en fasse ?
Prendre ce chemin pour un tremplin qui me mènerait à toi moi qui pense à toi. Serais-tu à moi, moi qui ne suis pas à toi ? Serais-je à toi, toi qui n'es pas à moi ? Rien ne le dira, encore faut-il sortir du bois. Je ne pense qu'à toi, toi qui n'es pas là. Qui me le dira ? Je ne suis pas dans tes bras. La la la.
Attendre le pied ferme que tout se referme sans t'enfermer. Attendre de pied ferme que rien ne se referme sur ce piège éhonté comme un gage où il n'y a rien à gagner ou à glaner. Ne rien perdre dans cette petite vie où il n'y a rien à gagner. Ne rien transcender et s'échapper de ce pot-pourri qui ne sent plus rien. Il n'y a plus rien à glaner désormais dans ce petit pré. Plus rien ma chère où mon cher.