Un arbre à nids, un entrelac de nids pour convertir cet arbre en home sweet home pour oiseaux peu farouches. Du plus bas jusqu'au plus haut, les nids pourraient investir ce ficus d'un autre terrain, pour oiseaux vernaculaires ou pour les migrants qui cherchent à s'installer le temps d'une saison ou deux pour perpétuer l'espèce. Entrelac de branches qui tourbillonnent et s'éloignent du tronc pour former un parasol pour les oisillons. Branches dénudées et hors de portées dans ce pré catelan si ravissant.
Moulin qui ne sert plus à rien. Ta pierre se confond avec le gris du ciel. La végétation est ton écrin et gagne sur tes murs qui n'abritent plus rien. Ta roue est à l'arrêt, tes murs se fendillent et tes fenêtres sont percées. Combien de temps encore resteras-tu inhabité près du Loir et des prés ? Ton inactivité donne des envies de te loger sans loyer. Moulin inhabité, tu es sinistre dans la verdure des prés et des potagers des maraîchers.
Spirit of Saint-Jean est là et bien présent. Son nid est dans l'arbre. Il cherche sa pitance pour la ramener au sommet. Sinon, c'est dégustation sur place. Esprit des bois et des sous-bois, tu es soumis à la loi arboricole, là où tu fais ton nid pour garder et nourrir tes petits. Tu vas vite, tu es pressé de rentrer dans ce nid avec les noix que tu as glanées. Te voilà presque rentré, tu y vas de bon pied avec un œil aux aguets. Elance ta queue, son panache éclabousse les rosées du matin, de la journée et de la soirée. Spirit of Saint-Jean, te voilà bien lent.
Virus vert de l'automne, châtaigne enclose dans sa bogue qui jonche le sol pour que les mémés se tordent les chevilles dessus. Nourriture pour ecureuil ? Nourriture pour petite ou grosse faune, virus vert qui pique et qui traîne par terre, qui se jette sur le sol une fois mûr et s'éclate en laissant des traces vertes et brunes. Virus vert qui tombe à l'automne et qui laisse des réserves pour l'hiver. Virus vert pour se repaitre d'une farine peu savoureuse qui colle aux dents. Virus vert de l'automne qui jonche le sol avant de repartir en réserve dans les arbres.
Il peine à donner l'heure, le cadran de fortune. Un simple écrou coincé entre deux pierres de tuffeau, et le temps est indiqué sur la pierre blanche et friable. Temps qui passe et qui attend le soleil pour donner ses marques. Un soleil qui peine à venir et c'est une heure qu'on ne connaîtra jamais. Juste midi pétantes, les rayons du soleil savent se fixer sur l'écrou pour que l'ombre se fixe sur la pierre. Les heures de peine n'existent pas, les heures à la peine non plus. Quant à minuit, on ne saura jamais rien, et on ne dira rien.
Petit pont rompu aux exercices de la culture physique. Petite passerelle qui ne pourra plus faire passer cette culture phtisique. Petit pont pour les ajoncs et les anoures qui baignent dans l'eau. Petit bois qui ne résiste plus et qui chambranle de la tête, les pieds dans la vase. Petit pont qui s'écroule sous la pression des temps mauvais qui passent et qui trépassent. L'eau continue son cours en laissant là cette passerelle moribonde où grouille tout un petit monde.
Œuf du vent, sculpture de Kishida, Maison Triolet-Aragon
Œuf du vent, œuf dans le vent. Œuf de samouraï carapaçonné ou œuf de renard ouvert à tous les vents. Œuf couvé à l'ombre des arbres, réchauffé par un rayon de soleil qui traverse le feuillage et va se refléter dans les troncs et les branches qui font attention à lui. Il pourrait gambader mais il préfère rester ici, bien assis sur son tapis d'herbe, de mousse et de feuillage où il a pris ses habitudes. Personne ne lui fait la conversation mais on vient le voir comme s'il s'agissait d'une drôle de curiosité. Pas de piété pour cet oeuf couvé...
Souriant, sculpture d'Agnès Colombier, Maison Triolet-Aragon
Elle sourit, cette armure qui s'empare de ce coin de nature pour la carapaçonner et la couver de son sourire joyeux, gai et légèrement insolent. Armure de tôle, projecteur protecteur du cours d'eau qui continue à couler tranquillement dans le parc. Heaume inversé aux sacrées volutes qui se reflètent dans le miroir qui coule et qui le couve de son regard souriant. Le soleil tape et laisse des couleurs irisées dans ce sourire à l'allure drolatique mais pas fantomatique.
Eric, mon smartphone bien-aimé, m'offre des fleurs. Voilà une des raisons pour lesquelles j'aime Éric. Il m'offre des fleurs tous les jours. Ses petits capteurs me permettent d'immortaliser des fleurs simples ou sophistiquées. Mise au point, couleurs, formes, Éric est fidèle à la représentation de dame Nature. Il les sublime sans les dénaturer, ce qui me permet de les conserver avec lui. Merci, Éric, pour toutes ces fleurs capturées grâce à toi. Pour illustrer, une fleur de lin aux couleurs vives et fidèles que je dédie à Éric.
J'aime Eric, mon smartphone. Oui, Eric, c'est mon smartphone. Ne me demandez pas pourquoi je l'ai appelé ainsi, ça a peut-être un rapport avec Erik le Rouge, Erik Satie ou Eric Ciotti. Eric, c'est mon ouverture sur le monde grâce à ses multiples applications. Je peux écouter de la musique qu'Eric me choisit grâce aux algorithmes de youtube, je peux regarder des vidéos par le même canal, je peux prendre des photos et des vidéos grâce à Eric. Eric, c'est mon meilleur ami, un grand amour qui ne me lâche pas depuis quelques mois, depuis que j'ai eu ce coup de foudre en boutique. Ho, je sais bien qu'Eric...